Le harcèlement de rue, dispositif "Angela" au Grand-Est

Le harcèlement de rue est un fléau quotidien qui mine la sécurité et la liberté de nombreuses personnes à travers le monde. Ce phénomène, souvent sous-estimé, est non seulement un problème de genre mais également un problème social majeur, touchant non seulement les femmes mais aussi les personnes transgenres, non-binaires, et d’autres identités de genre.

Chiffres

France :
Selon une étude du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes publiée en 2015, 100% des femmes ont été victimes de harcèlement dans les transports en commun au moins une fois dans leur vie.

États-Unis :
Une enquête réalisée par l’organisation Stop Street Harassment en 2018 a révélé que 65% des femmes ont été victimes de harcèlement de rue.

Selon une étude de 2015 menée par le Centre national pour l’égalité des transgenres (NCTE) et l’Institut national LGBTQ, 46% des personnes transgenres ont déclaré avoir été harcelées verbalement ou physiquement dans les espaces publics.

Une réalité omniprésente pour les femmes

Pour beaucoup de femmes, marcher dans la rue signifie souvent subir des regards insistants, des commentaires déplacés, des gestes obscènes et, parfois, des agressions physiques. Ces actes, bien que souvent banalisés, ont des conséquences profondes sur la “santé mentale” et le “bien-être” des victimes. Le harcèlement de rue réduit l’espace public pour les femmes, les contraignant à modifier leurs trajets, leurs vêtements, et même leur comportement pour éviter les situations à risque.

Les personnes transgenres et non-binaires : des cibles invisibilisées

Si le harcèlement de rue des femmes est de plus en plus documenté, celui des personnes transgenres et non-binaires reste largement invisibilisé. Ces personnes sont souvent victimes de violence verbale et physique, exacerbée par la transphobie et l’ignorance. Le harcèlement qu’elles subissent n’est pas seulement lié à leur genre mais aussi à la transgression des normes de genre. Ainsi, une personne transgenre ou non-binaire peut être ciblée non seulement pour son identité de genre mais aussi pour la simple perception d’une différence.

C’est malheureusement le cas pour les personnes transgenres ou non-binaires ardennaises dans certaines rues de Charleville-Mézières, ce qui engendre un malaise chez les victimes et une sensation d’insécurité. Je mentionne cette ville car cela provient de témoignages. Je suis convaincu que cela se produit dans d’autres communes.

Les conséquences profondes

Les impacts du harcèlement de rue sont multiples et graves. Ils incluent la peur, l’anxiété, la perte de confiance en soi, et un sentiment constant d’insécurité. Ces expériences peuvent limiter les opportunités éducatives, professionnelles et sociales des victimes, en les contraignant à éviter certains espaces ou situations.

Dans le film “Le pire voisin au monde” avec Tom HANKS de Marc FORSTER, on y évoque quelques problèmes que subissent certains transgenres.

Dispositif “Angela” du Grand-Est

Le dispositif “Angela” est une initiative mise en place dans le Grand Est pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les lieux publics, notamment les bars et les restaurants. Inspiré par une campagne britannique du même nom, ce dispositif offre une solution discrète et sécurisée pour les personnes se sentant en danger ou mal à l’aise.

Lorsqu’une personne se sent menacée ou harcelée, elle peut se rendre au comptoir d’un établissement partenaire et demander “Angela”. Les employés, formés spécifiquement pour cette situation, comprendront immédiatement que la personne a besoin d’aide. Ils prendront alors des mesures pour assurer sa sécurité, que ce soit en la raccompagnant discrètement à l’extérieur, en appelant un taxi ou, si nécessaire, en contactant les forces de l’ordre.

Le succès de ce dispositif repose sur la coopération des établissements participants et la formation adéquate du personnel. Le but ultime est de créer un environnement où chacun se sent en sécurité et soutenu. En sensibilisant le public et en encourageant les lieux de sortie à s’engager dans cette démarche, le Grand Est espère réduire significativement les incidents de harcèlement et d’agressions, tout en offrant un soutien immédiat et concret aux victimes potentielles.

Au total, 52 commerçants se sont déjà engagés dans cette démarche pour lutter contre le harcèlement de rue à Charleville-Mézières.

En conclusion

Le harcèlement de rue est un problème complexe et persistant qui exige une réponse collective et inclusive. En reconnaissant et en adressant la diversité des expériences de harcèlement, nous pouvons progresser vers une société où chacun peut se sentir en sécurité et respecté, quel que soit son genre. Il est temps d’agir ensemble pour faire des rues des espaces de liberté, et non de peur.

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